Panama Papers: la vérité sur les paradis fiscaux

Panama Papers: la vérité sur les paradis fiscaux

Depuis le début du mois d’avril, le scandale des Panama Papers est de toutes les discussions.

Il faut dire que jamais dans l’Histoire, une fuite de données de cette ampleur n’avait eu lieu puisque ce ne sont pas moins de 11,5 millions de documents relatifs à de l’argent déposé dans les paradis fiscaux qui ont été exploités au cours des derniers mois par un consortium composé de journalistes du monde entier.

Une chose est sûre, Panama Papers est une affaire supplémentaire qui montre que l’évasion fiscale et très probablement le blanchiment d’argent, sont des disciplines que maîtrisent parfaitement les plus riches de la planète.

Panama Papers ou quand certaines fortunes françaises évitent l’administration fiscale

Chaque jour, combien sommes-nous en France à trimer pour gagner un salaire qui, à la fin du mois, ne dépasse pas les 2000 € ?

Bien évidemment, d’ici le 7 juin 2016, nous serons une large majorité à remplir notre déclaration d’impôt 2016 et à payer nos impôts quelques semaines plus tard, histoire d’injecter dans les caisses de l’Etat l’argent indispensable au fonctionnement des établissements scolaires, des services de santé et bien d’autres.

Pendant ce temps-là, d’autres font tout pour se soustraire à leurs obligations et pour échapper à l’administration fiscale, voilà ce que nous apprend le scandale des Panama Papers.

Sans réelle surprise, ce sont bien entendu les plus fortunés qui ont recours à des sociétés offshore pour placer leur argent.

Parmi les noms apparus au fil de l’analyse des documents de l’affaire Panama Papers, se trouvent ainsi ceux de plusieurs chefs d’entreprise français, ceux de plusieurs hommes politiques tels Patrick Balkany, Jérôme Cahuzac ou Jean-Marie Le Pen mais aussi, des personnalités bien connues du grand public comme l’ex-Président de l’UEFA Michel Platini ou l’architecte Patrick Henri Devillers.

Et ce ne sont là que les Français, sans compter que l’Etat Français épluche actuellement tous les noms. On n’a pas fini d’être surpris avec cette affaire, d’autres noms seront certainement sur la place publique !

Mais le véritable drame des Panama Papers est ailleurs. En effet, alors que nous devons faire face à un véritable matraquage fiscal afin de remplir les caisses de l’Etat qui sont plus vides que jamais, ce sont plus de 250 milliards d’euros qui échapperaient à la seule administration fiscale française.

Autant dire que si quelques milliers de Français jouaient la carte de l’effort national, le bien-être collectif serait nettement amélioré en France.

Toutefois certains, parce qu’ils ont de l’argent, se croient tout permis et donc au-dessus des lois. Reste donc à espérer que tous les évadés fiscaux dont les noms figurent dans l’affaire des Panama Papers paieront cher pour leur comportement.

Les paradis fiscaux sous-estimés par l’administration fiscale française ?

Depuis que le scandale des Panama Papers a éclaté, nombreux sont ceux qui ont cherché à comprendre comment des montages financiers complexes, pouvaient être aussi facilement mis en place.

Avant tout, il faut rappeler qu’il existe sur la planète ce que l’on appelle des paradis fiscaux. Eh oui, pendant que les taux de prélèvements obligatoires grimpe en flèche en France, certains Etats proposent une fiscalité extrêmement basse voire nulle pour les revenus issus d’un pays étranger, tout en garantissant l’anonymat à ceux qui viennent y déposer leur argent.

Selon une liste établie en décembre 2015, la France reconnait six Etats comme des paradis fiscaux : Botswana, îles Marshall, Guatemala, Brunei, Nauru et Niue. Mais quid du Panama ?

Depuis 2012, ce dernier a été retiré de la liste car les autorités panaméennes avaient annoncé leur volonté d’échanger les données avec l’administration fiscale française.

L’affaire Panama Papers a prouvé que cette confiance en ce pays d’Amérique Centrale était une mauvaise idée, comme probablement celle placée aux Seychelles, à Hong-Kong ou l’Etat américain du Delaware, tous classés en parallèle parmi les paradis fiscaux de plusieurs de nos voisins européens !

Que nos élus veuillent l’admettre ou non, cette erreur de jugement sur le Panama reflète à elle seule, tout le flou qui entoure l’évasion fiscale dans notre beau pays, la facilité de créer une société offshore pour abriter du fisc des milliers d’euros, voire des millions…

L’affaire Panama Papers ou quand créer une société offshore devient un jeu d’enfant

Alors que créer une société offshore parait de l’extérieur un montage extrêmement compliqué, il suffit en réalité d’avoir les bons contacts.

En effet, c’est sur les conseils de quelques grands avocats d’affaires parisiens, véritables rouages de l’évasion fiscale en France, que de nombreux contribuables désireux de placer au moins 50 000 € à l’abri ont été mis en relation avec Mossack Fonseca, la société au cœur de l’affaire Panama Papers.

Cette dernière crée des sociétés offshore dont les dirigeants fictifs sont des prête-nom et ce, pour 3850€ seulement !

Elle crée ensuite un compte bancaire pour l’entreprise auprès d’une banque souvent localisée dans un pays « exotique ». Ne reste alors plus qu’à alimenter le compte sans qu’aucun lien ne puisse être établi avec la personne réelle qui se cache derrière la société offshore.

Pour cela, preuve que ces systèmes sont une vaste escroquerie, les spécialistes utilisent la méthode dite de la compensation, c’est-à-dire que celui qui veut déposer de l’argent sur son compte offshore remet une somme en cash à un autre détenteur de compte offshore, et c’est la société écran de ce dernier qui effectuera un virement d’un montant équivalent vers l’entreprise offshore de celui qui a fourni le cash.

En clair, ce système nommé compensation n’est plus de l’optimisation fiscale, mais de l’arnaque fiscale…

Avec une telle méthode, toutes les transactions sont intraçables et il est donc impossible pour l’administration fiscale d’avoir, ne serait-ce qu’un soupçon de ce qui se passe.

De nombreux Etats tirent d’ailleurs leurs revenus de l’hébergement de sociétés offshore. Dans le Delaware, sur la côte est des Etats-Unis, on peut ainsi compter jusqu’à 285 000 entreprises hébergées au sein d’un bâtiment de 3 étages !

Pas étonnant que plus d’un quart des ressources de ce petit Etat provienne de ce business plutôt juteux. Cependant, avec cette affaire Panama Papers, le Président Obama compte faire le ménage au Delaware. Qui vivra verra ! Pas si sûr qu’il y arrive avant la fin de son mandat…

Et maintenant ?

Après les révélations de l’affaire Panama Papers, impossible pour l’Etat de se cacher une nouvelle fois derrière des phrases alambiquées pour nous dire qu’il lutte activement contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent.

Il est temps pour lui d’admettre que les dispositifs en place ont failli, volontairement peut-être, qui sait ? Il est également l’heure de trouver des réponses concrètes à la problématique de l’évasion fiscale qu’il sera probablement difficile d’endiguer tant que les sociétés offshore seront autorisées.

Le chantier auquel va devoir faire face l’Etat est grand et ne peut être minimisé lorsque l’on sait que les plus modestes contribuent à l’effort national, pendant que certains riches ne pensent qu’à fuir leurs obligations vis-à-vis du Fisc.

Alors oui, les choses doivent changer et ce, rapidement car c’est à une vraie lutte de classes que la situation pourrait aboutir.

Nos vifs remerciements à Elise Lucet de « Cash Investigation » pour la qualité de ses émissions, la superwoman de l’information en France. Jean-Pierre Pernaut devrait en prendre de la graine ou démissionner !

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