Droits de l’Homme: la France préfère le business !

Droits de l’Homme: la France préfère le business !

Parfois surnommée « patrie des droits de l’Homme » en raison du rôle qu’elle a tenu dans leur élaboration, la France a aujourd’hui bien du mal à contribuer à ce que les droits de l’Homme soient respectés partout sur la planète.

Pourtant, à chaque élection présidentielle, les candidats nous chantent le même refrain et n’oublient pas de citer l’importance d’ « exporter les valeurs de la France à l’étranger » à travers les voyages, nombreux, du chef de l’Etat mais aussi leurs motivations à ne pas « négocier avec les dictateurs ».

Mais si les discours sont là, les actes ne suivent pas forcément et lorsqu’il s’agit de faire du business, les droits de l’Homme sont clairement relégués au second plan.

Les droits de l’Homme ne boostent pas l’économie !

En effet, de nombreuses dictatures sont en place et plutôt que d’essayer de changer les choses, la France, comme les autres grands de ce monde d’ailleurs, préfère ne rien dire craignant que cela ne puisse remettre en cause des contrats commerciaux juteux, finalement bien plus importants aux yeux des politiques.

Eh oui, il ne faut pas se leurrer, l’importance du respect des droits de l’Homme, c’est un bon argument pour être élu mais certainement pas un discours à tenir lorsque l’on est invité à la table de l’un des plus importants dictateurs de la planète.

Ceci est d’autant plus vrai que le Président de la République a toujours été un « grand VRP » parcourant le monde à la recherche de contrats pouvant faire travailler les entreprises nationales. Se pose alors la question de savoir si le business doit passer au-dessus des droits de l’Homme ou après.

Pour les élus politiques, la réponse à cette question est claire : les affaires d’abord. Voilà donc pourquoi l’Etat français n’a semble-t-il aucun scrupule à faire du commerce avec le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Qatar ou l’Arabie Saoudite.

Pour la plupart d’entre nous, la liste des pays que nous venons de citer est associée aux mots « dictature », « régime totalitaire » ou même à l’expression « Etat ne respectant pas les droits de l’Homme ».

Pour nos élus, il s’agit simplement de « partenaires commerciaux » pas si différents de l’Allemagne, des Etats-Unis ou de l’Espagne pour ne citer qu’eux.

L’Azerbaïdjan, un partenaire commercial comme les autres ?

A vrai dire, c’est bien là tout le problème. Prenons par exemple le cas de l’Azerbaïdjan et de son Président Ilham Aliyev.

Si officiellement ce petit pays du Caucase est une république où le chef de l’Etat est élu au suffrage universel, il ne faut pas gratter très loin pour voir que cela n’est qu’une jolie façade pour mieux vendre son pétrole à l’Europe.

Dans les faits, la réalité est effectivement toute autre puisqu’Ilham Aliyev est accusé de corruption et d’avoir truqué les dernières élections présidentielles. De même, l’homme au pouvoir est un spécialiste de la répression.

Preuve que l’Azerbaïdjan et les droits de l’Homme font deux, il n’hésite pas à mettre derrière les verrous ceux qui s’opposent à lui et à sa manière de faire.

En 2014, les autorités azerbaïdjanaises ont ainsi arrêté puis emprisonné la militante pour les droits de l’Homme Leila Yusuf pour trahison et espionnage mais aussi, la journaliste Khadija Ismayilova coupable d’enquêter sur le clan Aliyev.

Malgré cela, la France et l’Azerbaïdjan entretiennent d’excellents rapports ! Mieux, quand François Hollande, comme ses prédécesseurs d’ailleurs, se déplace dans ce pays peu respectueux des droits de l’Homme, il est accompagné par les grands patrons de nombreuses grandes entreprises telles la SNCF, Alstom, Airbus, Total ou GDF-Suez.

Eh oui, les pétrodollars d’Ilham Aliyev peuvent doper l’économie française alors pourquoi s’en priver ! Ces dernières années, l’Azerbaïdjan a ainsi fait travailler plusieurs entreprises françaises à Bakou et a investi en masse dans le football ou dans la culture en France.

De même, afin de « récompenser » les élus qui contribuent à promouvoir l’image de ce pays du Caucase, l’Azerbaïdjan a financé en France des projets divers et variés.

Bien évidemment, ces contreparties peuvent choquer mais pour les élus politiques, il semble qu’elles soient monnaie courante.

Inviter des délégations étrangères, les accueillir en grandes pompes en espérant qu’ensuite, les membres de celles-ci parleront en bien du pays, est une stratégie d’influence bien connue qui est d’ailleurs aujourd’hui baptisée la « diplomatie du caviar ».

A ce niveau-là, les droits de l’Homme n’ont assurément plus leur place pour ceux qui nous gouvernent, l’objectif étant de vendre à tout prix et tant pis si le client est un Etat qui restreint les libertés individuelles de ses citoyens.

Des petits arrangements avec des chefs d’Etat peu recommandables…

De toute manière, comme disent certains élus pour se dédouaner du fait de collaborer avec des Etats qui ne respectent pas les droits de l’Homme, si ce n’est pas la France qui profite de l’argent des dictatures, ce sont d’autres qui en profiteraient.

Voilà probablement les arguments qui expliquent que l’on vende des armes, des hélicoptères ou d’immenses paquebots au Qatar, à l’Arabie Saoudite ou au Kazakhstan.

Mais il y a pire, c’est quand non seulement nos élus refusent d’admettre que les droits de l’Homme ne sont pas respectés par un partenaire économique mais aussi, que les contreparties sont choquantes.

Plusieurs proches de Nicolas Sarkozy sont ainsi accusés d’avoir contribué à faire libérer un oligarque kazakh en passe d’être condamné en Belgique en contrepartie de la vente par la France d’hélicoptères au Kazakhstan.

La justice doit d’ailleurs trancher dans cette affaire désormais connue sous le nom de « Kazakhgate ».

Ces petits arrangements avec des amis peu recommandables sont effectivement une honte et confirment que les droits de l’Homme ne sont clairement pas la priorité des gouvernements.

Pourtant, comment est-il humainement possible de faire des affaires avec des Etats qui torturent, discriminent ou arrêtent les citoyens arbitrairement ?

Une chose est certaine, business is business et cela n’est pas près de changer puisqu’il semblerait que des dictatures achetant des politiques soit l’option trouvée pour contenter tout le monde et taire des drames humains.

Une preuve supplémentaire qu’avec de l’argent, tout est possible pour un Etat… et ce, même s’il contrevient aux droits de l’Homme en martyrisant son peuple…

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