Aéroport fantôme, gouffre financier payé par les Français

Aéroport fantôme, gouffre financier payé par les Français

Bien que la plupart d’entre nous ne prennent l’avion qu’à de très rares occasions, le territoire français accueille aujourd’hui 160 aéroports soit près de 2 par département en moyenne.

Mais cela pose un véritable problème puisque seulement 17 aéroports en France sont rentables en 2015. Pour les autres aéroports, ceux qui sont nommés désormais « fantômes », ce sont les Français qui passent à la caisse pour les financer. Cela représente une moyenne de 100€ par an pour les Français assujettis aux impôts locaux, qui eux sont en très forte hausse.

En effet, l’Etat et les collectivités territoriales comblent les déficits colossaux des aéroports fantômes par l’intermédiaire des impôts locaux.

Pourtant, malgré les alertes successives lancées par l’Etat depuis belle lurette sur la baisse des dotations aux régions, cela n’a pas empêché celles-ci et les mairies de se doter d’aéroports qui se révèlent actuellement sous perfusion… faute de passagers.

Pourtant, François Fillon, lorsqu’il était Premier Ministre, avait bien prévenu, la preuve par les mots ci-dessous :

Qui que vous soyez, si vous étiez Maire ou Président d’une région, avec cette phrase symbole de François Fillon, vous seriez-vous lancé dans la construction d’un aéroport ? Certainement que non faute de lisibilité sur l’avenir depuis la crise et c’est bien logique.

A croire que la plupart des Maires et Présidents des régions ont pour priorité de flatter leurs égos sur le dos de leurs citoyens…

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées pour ponctionner le peuple ! Pomper 100€ par an sur un ménage dont les revenus sont confortables, pourquoi pas si un aéroport peut créer des emplois.

Or, comme vous le savez, les impôts locaux ciblent pratiquement tous les ménages et en particulier les travailleurs et retraités dits pauvres.

Bordel ! Nous constatons que ce n’est pas un Maire et un Président d’une région qui doivent impérativement se trouver des petits boulots payés une misère à plus de 75 ans, voire même plus, pour compléter un maigre revenu afin de survivre dans cette France devenue boulimique de nos portefeuilles.

Aéroports fantômes en France: un gouffre financier payé par les français.

Un aéroport pour booster l’économie locale ? Ah bon ?

Au cours des 50 dernières années, les aéroports ont poussé comme des champignons en France. Il faut dire que de nombreuses collectivités territoriales ont misé sur la construction d’un aéroport pour doper l’économie locale comme un parieur aurait choisi le Honduras pour gagner la dernière Coupe du Monde…

Eh oui, à en croire les études d’impact réalisées en amont de ces projets, la construction d’une telle infrastructure est toujours favorable à l’économie locale puisque, l’aéroport facilitera la venue des touristes mais pourra aussi inciter des entreprises à s’installer non loin de là.

La ville de Lannion, commune bretonne de 20 000 habitants, a par exemple attiré de nombreuses entreprises du secteur high-tech grâce à l’existence d’une ligne aérienne Lannion / Paris. Mais ces dernières pourraient déserter rapidement si la ligne, jusque-là payée par les contribuables, venait à fermer.

Il faut l’admettre, les collectivités ont carrément abusé des aéroports en France puisque nous en comptons aujourd’hui 160 sur notre territoire, soit 10 fois plus qu’en Allemagne.

Les Allemands, toujours aussi pragmatiques comme les Anglais, ont compris bien avant nos élus que la clé de la réussite pour créer des emplois ne passe pas par le levier de la construction d’aéroports.

Bref, conséquence pour les Français : 143 ne sont pas rentables et des millions d’euros sont gaspillés chaque année pour leur financement ! C’est de l’argent jeté en l’air comme on dit et une véritable honte lorsque l’on sait combien cet argent pourrait être utile pour mener d’autres projets bien plus stratégiques pour créer des emplois.

Au lieu de servir à investir dans du bitume et à détruire le paysage, cet argent destiné aux aéroports fantômes aurait pu contribuer à sauver des vies en faisant avancer la recherche médicale et bien d’autres causes comme l’innovation, la baisse des charges sociales et patronales pour au moins les petits commerces qui sont à bout de souffle, le logement etc.

Aéroport fantôme : des investissements qui coûtent chers à la collectivité…

A l’heure où l’on nous martèle que l’Etat n’a plus d’argent et on nous matraque fiscalement, voilà un gouffre financier que nous nous devions de vous révéler, comme l’a fait « Envoyé Spécial » de France 2.

En effet, même si peu de personnes en parlent tant les collectivités territoriales tiennent à les conserver même s’ils coûtent bien plus qu’ils ne rapportent, les aéroports fantômes sont aujourd’hui dans leur grande majorité de véritables gouffres financiers.

Eh oui, sur les 160 aéroports français, seulement 17 sont rentables. Pour les autres, ce sont nous qui les payons et le gaspillage est important puisqu’il est évalué à 100 millions d’euros. Vous avez bien lu, 100 millions d’euros…

Bien évidemment, vous vous demandez à quoi sert tout cet argent, nous avons les réponses mais elles ne devraient pas vous faire décolérer, bien au contraire !

  • 1/ Dans les petites infrastructures, il peut servir à subventionner la compagnie aérienne (souvent low-cost comme Ryanair) qui accepte de créer des lignes à partir de cet aéroport.

    Parce qu’une compagnie ne tirerait aucune rentabilité en proposant des vols à partir de petites villes à moins de proposer les billets à des prix très élevés, les collectivités territoriales les subventionnent en payant une subvention correspondant à 25 à 35% de chaque billet d’avion. Vous avez bien lu, « par billet d’avion ».

  • 2/ Vous ne le saviez donc sans doute pas mais vos impôts locaux contribuent à ce qu’une minorité de contribuables prenne l’avion. A en croire les élus, cette subvention est un passage obligé puisque dans le cas contraire, l’aéroport n’a plus d’activité et l’investissement initial dans l’infrastructure est donc perdu.

    Pour autant, cette subvention pourrait être utilisée à d’autres fins que financer des compagnies aériennes souvent étrangères et qui de surcroît, débordent de centaines de millions d’euros en bénéfice et trésorerie. Mais ça, pas sûr que les collectivités territoriales veuillent l’entendre.

  • 3/ Dans le cas des aéroports fantômes, c’est-à-dire dans ceux où l’activité est quasi-nulle – souvent quelques jets privés par mois seulement – l’argent est utilisé pour payer les frais d’exploitation qui s’élèvent le plus souvent à 1 million d’euros par an mais aussi, pour poursuivre l’investissement afin de donner une seconde, troisième ou quatrième chance à l’aéroport. Têtus sont nos élus, bah oui, et il faut faire avec…

    Quand vous êtes à découvert sur votre compte en banque, combien de chances votre banquier vous donne-t-il ? 1 seule, voire 2 s’il est sympa et vous avez intérêt de les saisir…

Bref, face à ces situations de gaspillage qui nous choquent en ces temps de disette budgétaire, nous nous disons que la meilleure solution serait sans doute de fermer certains aéroports fantômes mais là encore, c’est un cercle vicieux puisqu’une fermeture serait plus coûteuse qu’une exploitation selon les élus.

Aussi, que faire de ces milliers de kilomètres carrés de bitume et de ces nombreux bâtiments qui ne servent à rien et qui gâchent notre paysage plus qu’ils ne l’embellissent ?

Probablement pas grand-chose mais ces aéroports fantômes illustrent bel et bien une nouvelle dérive de nos politiques qui sont souvent prêts à faire n’importe quoi pour peu qu’ils puissent le faire avec l’argent des français. Et dire qu’ils ont fait des études poussées… Même un enfant de 15 ans aurait mieux rentabilisé cet argent.

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