Actionnaires: la honteuse gourmandise de dividendes

Actionnaires: la honteuse gourmandise de dividendes

Plantons le décor ! Cet article n’est en aucun cas un réquisitoire envers les « petits actionnaires », du dimanche dirons-nous, qui essaient tant bien que mal de faire fructifier leur maigre capital. Cet article vise uniquement les « gros actionnaires » qui gèrent des millions d’euros sur les marchés financiers.

Depuis des années, on nous martèle que l’on traverse une crise économique sans précédent qui semble justifier la suppression de nombreux emplois en France.

Pourtant, dans le même temps, les dividendes versés aux actionnaires ont bondi en France comme dans le monde.

Aussi, nous avons décidé aujourd’hui de pousser un coup de gueule contre ce phénomène détestable qui consiste à remplir le portefeuille des actionnaires par des dividendes massifs tout en sacrifiant les emplois de ceux qui ont fait le succès d’une entreprise.

L’augmentation croissante des dividendes versés aux actionnaires

Alors que la France traverse une importante crise économique, beaucoup de ménages français sont contraints de se serrer la ceinture.

Pourtant, pendant que beaucoup de travailleurs sont en difficulté, quelques-uns ne connaissent pas la crise et savent pleinement tirer profit du travail des salariés des entreprises qu’ils détiennent : ce sont les actionnaires.

En effet, en 2014, ce sont 1 000 milliards de dollars qui ont été distribués aux actionnaires à l’échelle mondiale.

Troisième au classement de la rémunération de ces derniers derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la France a vu ses actionnaires percevoir la coquette somme de 56 milliards de dollars alors que dans le même temps, leurs entreprises supprimaient plusieurs milliers d’emplois.

Incroyable non ? C’est un peu comme cet extrait audio du film Wall Street qui évoque la bourse et ses dérives :

Très choquant donc cette montée fulgurante des dividendes pour les actionnaires, mais personne ne semble en mesure de stopper cette confrontation entre deux mondes : celui du capitalisme à outrance dans la mondialisation où l’humain n’a pas sa place et celui du quotidien où les salariés sont la clé de la réussite d’une société. Sans eux, « les gueux des temps modernes » , pas d’entreprises.

Mais pour nos élites et actionnaires, seul l’argent et le profit semblent avoir de l’intérêt ! Sinon, comment justifier qu’une société comme le géant pharmaceutique Sanofi puisse verser 50% de ses bénéfices à ses actionnaires (soit 3,5 milliards d’euros en 2013) et, la même année, supprimer 4 000 emplois en France ? La globalisation a bon dos…

Et comble de tout cela, les hauts dirigeants de ces entreprises sont capables de nous expliquer que les montants offerts aux actionnaires visent à assurer la pérennité d’une entreprise à long terme !

Eh oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, la première préoccupation de ces élites est de maintenir les cours des actions en bourse de ces sociétés quitte pour cela à répondre positivement à la honteuse gourmandise de dividendes des actionnaires.

Actionnaires: la honteuse gourmandise de dividendes.

Un seul mot d’ordre : rationnaliser pour mieux satisfaire les actionnaires ?

Non, les salariés ne doivent pas se laisser faire par les grandes entreprises qui n’ont d’yeux que sur leurs résultats financiers ainsi que l’optimisation fiscale de ceux-ci, et par ce biais, abreuver de dividendes leurs actionnaires.

Les salariés sont ceux grâce à qui une société remporte des succès et donc gagne ses galons sur les marchés. Il est alors injuste que les travailleurs ne soient pas récompensés également quand une entreprise est au beau fixe.

Pourtant, les salariés font bien partie de ceux qui sont sacrifiés sur l’autel du capitalisme et ce, au nom de la rationalisation. A l’heure où la France n’est toujours pas parvenue à sortir de la crise et où la courbe du chômage ne parvient toujours pas à s’inverser, les entreprises n’ont qu’un but : rationalisation !

Si ce schéma peut être compris lorsqu’une société se retrouve en grande difficulté financière, la donne est quelque peu différente quand il s’agit d’une société qui a simplement décidé de prioriser le montant des dividendes versés aux actionnaires.

Plutôt que d’offrir des cadeaux financiers hallucinants à ceux qui détiennent des actions, nous aimerions tous que les grands patrons fassent preuve d’un peu d’humanisme en maintenant l’emploi, mais aussi en affectant une part plus importante des bénéfices à l’investissement car investir demain, c’est assurément créer des emplois et maintenir ceux en place.

Toutefois, il semble que le grand patronat n’en a rien à faire du « petit peuple » pourvu que celui-ci lui serve, quand il en a besoin, à créer de la valeur ajoutée !

Les conséquences sociales des comportements adoptés par le patronat sont d’ailleurs terribles. Outre les salariés qui se retrouvent dans des « charrettes à chômage » qui n’ont pas lieu d’être, la majorité des autres se trouvent en état de stress permanent.

Parce que le salarié doit toujours en faire plus en moins de temps, fatigue et dépression sont de plus en plus fréquentes. 20% des salariés seraient d’ailleurs aujourd’hui sous antidépresseurs, preuve des ravages causés par la gourmandise des gros actionnaires pour amplifier toujours et encore leurs dividendes.

A la vue de ces informations, nous espérons vous avoir aidé à comprendre la situation dont se sentent victimes de nombreux salariés de grands groupes qui, malgré des bénéfices colossaux et de surcroît optimisés fiscalement, perdent leur emploi.

Face à cela, nous sommes indignés, choqués et beaucoup d’entre vous le sont aussi certainement. Mais que fait l’Etat Français ? Quels moyens a-t-il mis en place ? Où est le Président qui voulait déclarer la guerre à la finance ? Les actionnaires assombrissent l’avenir des salariés en faisant régner une loi qui veut que seul l’argent est « Roi ».

Il est aujourd’hui fondamental que cela change parce que nous sommes en train de foncer dans une société déprimante. Mais pour cela, la prise de conscience doit être générale et nous devons refuser de céder au fatalisme.

Une sphère économique équilibrée entre la dimension sociale et patronale reste possible, encore faut-il que l’argent reste un moyen de vivre et non pas un but…

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